Devenir un Humain 3.0?

L’homme, l’espèce humaine, a connu plusieurs évolutions dans son mode de vie.
Durant la Préhistoire, il était dans son ensemble un animal mêlé aux autres animaux et au mode de vie nomade / chasseur / cueilleur. Au Néolithique, il a choisi de se sédentariser pour se répandre tout en se regroupant, donnant peu à peu naissance à notre mode de vie contemporain; moins « naturel » dans son comportement, mais sans doute plus « humain », il a inventé un mode de vie qui lui était propre : éleveur / cultivateur organisé en villages, villes, pays…

Et si nous étions à un tournant, à un changement de notre espèce et de ses comportements? Quelque chose de nouveau qu’on aurait au bout des doigts et qui passerait par quelque chose d’aussi simple mais aussi essentiel que notre alimentation?
J’ai essayé de développer un peu ma pensée dans les lignes qui suivent. Je préviens tout de suite : il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour un parti (écologiste), d’un prosélytisme religieux (pro-païen animiste zen ou que sais-je), ou d’un matraquage vegan* ou végétalien*, crudivore ou que sais-je (chacun fait comme il veut, et comme il se sent bien)! On va dire que je profite juste de cet espace de la toile pour écrire le fruit de ma réflexion et en profiter pour dissiper quelques nuages au sujet des motivations végétariennes qui sont les miennes…et aussi celles de plein d’autres gens. ^^

Telles que je vois les choses (et je ne suis pas vegan même si je respecte leur démarche et la comprends, pour partager leur vision), il n’est pas tant question dans le végéta*isme* de protéger les espèces animales ou la nature en ne tuant pas d’animaux, que de leur rendre le respect qu’ils méritent.
C’est à dire, ne plus faire acte de spécisme (considérer que l’humain est supérieur aux autres animaux) et ne plus les exploiter comme des machines ou des esclaves. Aucun animal dans la nature n’exploite ses semblables : ils se mangent, se chassent, ou s’ignorent, et parfois même s’entraident; mais ils ne s’exploitent pas (à part peut-être certaines espèces d’insectes parasites, mais nous méritons mieux comme modèle de société non?).

Au Néolithique, moment où l’homme est passé de chasseur/cueilleur à sédentaire éleveur/cultivateur, l’utilisation des animaux d’élevage est devenue essentielle à sa vie en société et son développement. Le bœuf travaillait au labour, nourrissait par sa chair, habillait par sa peau etc…, la vache, chèvre, brebis fournissait le lait indispensable au formage, source « bon marché » de protéines, les œufs et les poulets idem… La proximité avec les bêtes fournissait également un moyen de chauffage (encore utilisé dans nos contrées jusqu’au XIXème siècle : les étables étaient attenantes aux maisons voir situées au rez-de-chaussée de celles-ci) et le commerce s’organisait autour du bétail.
Ce bétail, peu à peu éloigné de ses branches sauvages puisque sélectionné par la main de l’homme, en est devenu dépendant, tout comme l’homme était dépendant de lui pour sa survie. Échange de bon procédé, entraide en somme (équivalente à ce que connait parfois le règne animal), qui a marché dans le monde entier jusqu’à l’avènement de l’ère industrielle puis de la production à l’échelle mondiale avec son lot de redistributions et de délocalisation des richesses et des marchés.

Aujourd’hui, RIEN ne justifie, à l’échelle de la Nature, l’exploitation que nous faisons des animaux. Placés dans des batteries, industrialisés eux-mêmes, « déshumanisés » ou plutôt « désanimalisés », ils ne forment plus avec nous cette chaine d’entraide où nous nourrissions et protégions ceux qui nous nourrissaient et nous réchauffaient. De plus, nous avons développé (grâce à la technologie et la mondialisation) des aliments nouveaux, issus de nombreuses cultures et de nombreuses études. Le soja en est la panacée, mais pas seulement lui : des centaines de céréales et légumineuses sont remises au goût du jour car on s’est aperçu qu’elles pouvaient autant nous nourrir qu’elles le faisaient pour nos ancêtres (incroyable miracle du retour en arrière). Nous pouvons nous habiller autrement qu’avec de la laine, sucrer nos thé autrement qu’avec du miel, nous chauffer autrement qu’avec nos bestiaux, etc…

Sauf que tout s’est tellement emballé qu’on n’imagine pas devenir en arrière.

Je ne dis pas qu’il faudrait arrêter toute consommation animale dans le monde entier. Je dis qu’il serait temps de se rendre compte que l’homme a sans doute atteint un nouveau stade d’évolution, au delà du « sédentaire / éleveur / cultivateur » et qu’en tant que tel, il n’a pas la même attitude à adopter vis-à-vis de ses frères animaux. Nous devrions leur rendre leur animalité, leur liberté, et rétablir avec ceux que nous avons créés (le bétail justement) un rapport d’entraide plutôt que d’esclavage . Nous pourrions leur fournir gîte, soin et nourriture en échange de leur survie à l’échelle de la planète tout d’abord, mais aussi pour notre plaisir gastronomique d’un bon fromage, d’un beurre parfumé, ou d’une laine de qualité. Revenir à de petites exploitations raisonnées, des coopératives saines, qui sont un avantage pour tous (les « produits de la ferme » c’est quand même meilleur que le tout industriel – c’est une ancienne petite paysanne qui a pu traire des chèvre et se rouler dans la paille avec les moutons qui vous parle).

Et je ne crois pas que ça soit rétrograde : c’est finalement prendre conscience du monde dans lequel on vit et choisir un futur plus souriant.
J’espère de mes vœux un monde plus raisonné, plus juste, et tourné vers l’avant.
Maintenant, tout ça, je l’ai traduit à mon échelle par un changement de comportement très marqué et souvent critiqué (si, si). J’ai choisi petit à petit de réduite ma consommation de viande, puis de poisson, puis ma consommation tout court de tout ce qui était trop massivement industrialisé, formaté, trafiqué. Puis j’ai franchis une étape supplémentaire… Quand je suis devenue végétarienne pour de bon, je l’ai fait par solidarité et soucis des autres, pour tous ceux qui cultivent la terre et nourrissent des bêtes dont ils ne bénéficieront jamais parce que leur pays endetté revend tout à d’autres (nous, pays d’oppulences) pour de l’argent, pour leur survie et non leur vie. Par solidarité pour ceux qui ailleurs se battent pour survivre à la globalisation et une mondialisation chaotique et irraisonnée. Par soutient pour ces scientifiques dévoués qui crient dans le désert, tirant la sonnette d’alarme de notre sur-consommation et de son impact sur la nature. C’est pour notre descendance future que je ne mangera pas chez Mac-Do. En limitant ma consommation animale (et ma consommation tout court) j’espère à ma petite échelle enrayer un peu cette spirale infernale; du moins je n’en serais le moins possible facteur.

Ce n’est décidément pas par lubie mode, par manque de réflexion, ou dans un demi-engagement (je fais de mon mieux pour avoir le moins d’impact possible sur l’environnement dans bien des domaines et c’est encore si peu).
Les arguments contre le végéta*isme, je les trouve intéressant et les écoute avec attention, car ils nourrissent ma réflexion.
Ainsi j’observe avec attention certains végéta*ien qui se mettent parfois en danger dans leur pratique alimentaire (en ne consommant que des aliments « cool » comme gâteaux, pâtes, chips et sans prise de conscience au niveau des carences), nourrissant les arguments sus-cités; ils me permettent de voir où se situe souvent le problème : une mauvaise approche de l’alimentation, toute dans le plaisir immédiat et compulsif. Et ça concernent tellement de gens, végé, et omnivores…

BREF! voilà ma vision des choses. une vraie tartine (végé).
Je précise une dernière chose : je ne suis pas anti-omnivore. Si vous êtes en accord avec vous même, dans votre comportement alimentaire et votre vie, alors tant mieux! Ce qui compte c’est d’être bien après tout.
J’espère juste nourrir votre réflexion et essayer de mieux informer sur ce que c’est, POUR MOI, être végéta*ienne.
J’espère aussi que certains auront envie de tenter le coup : manger moins de produits animaux et plus de légumineuses, céréales, légumes et de cuisiner plus. Ca ne coûte pas grand chose (c’est souvent moins cher financièrement – et le temps passé à cuisiner est un moment de détente) et ça ne peut faire que du bien, à vous, et j’espère à plus grande échelle, à tous.

Consommer moins (c’est valable dans tous les domaines autres qu’alimentaires également), plus raisonnablement, avec (je trouve) un plaisir accru. En se disant qu’on agit peut-être en direction de l’avenir…

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Des liens vers des articles / documentaires sérieux, pour se renseigner et réfléchir :

- http://www.tv-replay.fr/28-06-10/pieces-a-conviction-france-2-5336271.html

- http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/16/le-modele-de-consommation-de-viande-occidental-n-est-pas-generalisable-a-la-planete_1254980_3244.html

- http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/documents/078829/freres-humains-devenez-vegetariens.html

Il y en a sans doute plein, à vous de découvrir! ^^

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*vegan : qui ne consomme rien d’animal, rien qui n’ait été mêlé à l’exploitation d’animaux, et ne participe à aucune activité nécessitant l’exploitation des animaux pour les loisirs de l’homme.

*végétalien : qui ne mange rien d’animal, gélatine, ferments, lait et œufs inclus.

*végétarien : qui ne mange pas de chair animale / de produits issus d’un animal mort. (<—–ça c’est moi)

*végéta*ien : une bonne façon simple de les nommer tous. ^^

Et NON je ne suis pas carencée, anémiée, fatiguée, maigre, anorexique, sans appétit, sectaire, bobo, facho, fan des mignons petits animaux, mode, baba, bébête… Crotte. :-p

posté par Xael dans Billevesées - Commentaires (5) -

5 Réponses to “Devenir un Humain 3.0?”

  1. Louna dit :

    Je vais prendre mon temps pour lire ça correctement parce que j’ai beaucoup de mal avec les pavés sur écran. Mais si je peux faire une toutite remarque, concernant les définitions de la fin.
    Les végétaliens ne mangent certes pas des aliments avec de la gélatine dedans, mais les végétariens non plus, car cette gélatine ne peut pas être obtenue d’un animal vivant.

    Donc se contenter de dire que les végétariens ne mangent pas de chaire animale, c’est un peu mentir par omission. On ne mange normalement pas non plus de produits laitiers contenant de la présure animale ou tout produit contenant de la gélatine (puisque ceux ci proviennent d’animaux morts pour ce genre de production).
    C’est la différence avec les œufs et les produits laitier en général, puisque la récolte de ces derniers ne nécessite pas la mise à mort de l’animal.
    (A savoir que certains yaourts contiennent de la gélatine de porc)

    Voilà, moi aussi je me fend de mon petit pavé, mais c’est histoire qu’il n’y ai pas de confusion de genre :p

  2. Bien vu Louna! J’avais oublié de préciser ça, je vais éditer. Pour ma décharge je dirais que j’ai essayé de dissiper le doute le plus général, celui auquel je suis confrontée dans mon quotidien quand on me demande si je mange de la volaille parce que c’est pas de la viande (?), ou si j’ai arrêté les produits laitiers (que je ne consomme déjà pas beaucoup pour cause d’intolérance au lactose mais ça c’est une autre histoire).

    J’espère que tu vas apprécier la lecture de mon texte alors, courage parce que c’est long en effet… ^_^;

  3. Louna dit :

    Non mais c’était un chipotage, c’est très bien sinon.

  4. Géo dit :

    Oué cool^^
    (Héhé c’est moi Djaboo! De toute façon maintenant tu connais mon point de vue sur tout ça! Et au passage, superbes dessins par ici!)

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